Débrief : La SNCF dans la tourmente, l’immigration en France, Adèle Haenel…

Retour sur l’actualité de la semaine marquée par les annonces du gouvernement sur l’immigration en France, les révélations d’Adèle Haenel, la privatisation de la FDJ et la commémoration des 30 ans de la chute du mur de Berlin.

Le débrief en France 

  • La SNCF dans la tourmente. Après les syndicats Sud Rail et l’UNSA-Ferroviaire, la CGT-Cheminots appelle le 8 novembre à un mouvement de grève interprofessionnel et reconductible à partir du 5 décembre 2019. Cette contestation se fait en réaction à la réforme des régimes de retraite qu’entreprend le haut-commissaire à la réforme Jean-Paul Delevoye avec le gouvernement. La réforme, ayant pour objectif de supprimer les 42 régimes spéciaux de retraite en un seul système universel, représente une menace pour les cheminots. En effet, en perdant leur régime de retraite spécial, ils perdent les avantages que permet leur statut (comme un droit à la retraite anticipé). Le mouvement de grève débutant le 5 décembre s’annonce donc perturbé pour les usagers de la SNCF. Certains craignent même une grève s’apparentant à celle de 1995 qui avait paralysé la France pendant plusieurs semaines. Le gouvernement pourrait apaiser les contestations de la SNCF en appliquant la clause du « grand-père ». Cette clause appliquerait en effet le régime universel qu’aux cheminots embauchés à partir du 1er janvier 2020. 
  • L’annonce du gouvernement sur l’immigration. Edouard Philippe, avec certains membres du gouvernement, ont présenté mercredi 6 novembre une vingtaine de mesures sur l’immigration en France au cours d’une conférence de presse. Selon le premier ministre, cette loi aurait pour but principal de « reprendre le contrôle de notre politique migratoire » et de lutter contre l’immigration irrégulière. Plusieurs des mesures présentées font polémiques. Parmi celles-ci, il y a celle qui fixe des quotas d’immigrés professionnels. Le but de cette mesure est de pallier au manque de recrutement dans certains secteurs d’activité en tension. Chaque année, seront fixés les besoins de main-d’œuvre par secteur d’activité et par territoire. Une autre mesure qui fait débat est celle de l’accès à l’Aide Médical d’Etat (AME). Pour certains actes considérés comme « non urgents », le bénéficiaire de l’AME devra attendre un délai de trois mois avant d’obtenir une prise en charge. Le 7 novembre, plusieurs députés LREM ont signé une petition pour faire savoir leur opposition face aux mesures restreignant l’accès aux soins médicaux pour les étrangers. 
  • Les arrêtés anti-pesticides validés par la justice. Pour la première fois, la justice valide 2 arrêtés adoptés par deux communes (Sceaux et Gennevilliers) régulant l’utilisation des pesticides à proximité des habitations. Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise rejette donc la demande de suspension des deux arrêtés de la préfecture des Hauts-de-Seine. Cette décision de justice intervient après la décision du tribunal administratif de Rennes (24 octobre) qui avait interdit l’arrêté municipal de Daniel Cueff, premier maire français à avoir adopté des arrêtés anti-pesticides. 
  • La privatisation de la Française des Jeux (FDJ). Le 7 novembre, l’Etat français décide de privatiser la FDJ en cédant 52% de ses actions. Jusqu’au 19 novembre, il sera possible pour les investisseurs professionnels et les particuliers de réserver une ou plusieurs des 191 millions d’actions de la Française des Jeux. Le prix d’une action est fixé entre 16,50€ et 19,90€. L’objectif de cette privatisation, annoncé par le ministre de l’économie Bruno Le Maire, est de relancer l’actionnariat populaire. Bien que certains français sont sceptiques à l’idée d’acheter des actions au regard des échecs de privatisation d’EDF ou France Télécom par exemple, près de 200 000 millions € d’actions ont déjà été vendues. 
  • L’abandon d’EuropaCity. Le gouvernement a communiqué le 7 novembre l’abandon du projet de construction du géant site commercial et de loisir à Gonesse, dans le Val-d’Oise. Si pour certains habitants, la fin du projet engendre des pertes économiques et d’emplois, d’autres se réjouissent de la fermeture du site qui était devenu le symbole d’un projet de construction non-indispensables. Le gouvernement n’abandonne cependant pas le projet d’urbanisation de cette zone agricole. 
  • Adèle Haenel, victime d’agressions sexuelles. L’actrice française a révélé le 4 novembre dans un entretien pour Mediapart avoir été victime d’« attouchements » et d’« agressions sexuelles » lorsqu’elle était âgée entre 12 et 15 ans par le réalisateur Christophe Ruggia. La Société des Réalisateurs Français (SRF) exclu dans la foulée Christophe Ruggia, bien que les faits n’ont pas encore été prouvés par la justice. Le Parquet s’est auto saisit et lance une enquête judiciaire suite aux témoignages d’Adèle Haenel. 
  • Roman Polanski accusé de viol. Valentine Monnier, photographe, a confessé dans Le Parisien que le réalisateur Roman Polanski l’a violée en Suisse en 1975. Si les faits sont prescrits, cette révélation entache la figure du réalisateur, déjà mêlé à une affaire de détournement de mineurs aux Etats-Unis pour des faits datés de 1977.  Cette révélation intervient à seulement quelques jours avant la sortie de son film « J’accuse » qui abordera l’erreur judiciaire de l’affaire Dreyfus.
  • Marche contre l’islamophobie. Ce dimanche 10 novembre, une marche contre l’islamophobie est organisée à Paris pour lutter contre la « stigmatisation des musulmans en France ». Le rassemblement est initié par Le Comité contre l’Islamophobie (CCIF) et d’autres organisations. Plusieurs personnalités politiques ont soutenu cette manifestation tel que Jean-Luc Mélenchon (LFI), Yannick Jadot (EELV) ou Benoît Hamon (Générations). L’organisation de cette marche fait débat en raison du CCIF, soupçonné de liens avec la société des Frères Musulmans. Au cours de cette semaine, des personnalités politiques sont revenues sur leur soutien à cette marche comme Yannick Jadot.

Le débrief international 

  • La commémoration des 30 ans de la chute du mur de Berlin. Le 9 novembre 1989, le mur qui avait séparé pendant près de 3 décennies la capitale allemande s’écroulait. Ce samedi 9 novembre, en Allemagne, la chancelière Angela Merkel a pris la parole sous la Chapelle de la réconciliation, lieu symbolique situé à l’emplacement de l’ancienne zone frontalière, pour appeler l’Europe à préserver la démocratie. A l’occasion, l’artiste américain Patrick Shearn a réalisé une œuvre (Visions in Motion) multicolore regroupant 100 000 banderoles dans lesquelles les berlinois ont pu écrire des messages de paix. Cet anniversaire est aussi l’occasion de remarquer les différences persistantes entre l’ancienne Allemagne de l’Est et l’Ouest. Elles touchent par exemple le chômage, le vote électoral ou bien l’âge de la population.
  • Le difficile lancement de campagne de Boris Johnson. La campagne pour les élections législatives anticipées, prévues le 12 décembre prochain, a débutée le 6 novembre. Ce début de campagne est marqué par plusieurs difficultés pour Boris Johnson. La principale menace pour lui serait de perdre son historique majorité dans la circonscription d’Uxbridge au Royaume-Uni. Son opposant travailliste Ali Milani gagne en force dans cette circonscription. Sa victoire serait un échec pour l’actuel premier ministre britannique. Un autre incident a marqué ce début de campagne : le ministre Jacob Rees-Mogg, en réagissant à un incendie de juin 2017, explique que s’il avait été à l’incendie, il n’aurait pas « écouté les consignes » et aurait pris la fuite. Une remarque qui laisse entendre l’inefficacité des pompiers.
  • Lula Roussef libéré. Suite à une décision de la Cour Suprême brésilienne selon laquelle un condamné ne peut être emprisonné sans avoir utilisé tous les moyens de recours, Lula Roussef a été libéré de prison le 8 novembre après 1 an et demi de détention. Il avait été emprisonné dans le cadre d’une vaste affaire d’Etat pour corruption. Cette libération lui permet de pouvoir reprendre la tête de l’opposition brésilienne, à un an des municipales, un test de mi-mandat pour Jair Bolsonaro. 
  • Michael Bloomberg, candidat pour les primaires. L’ancien maire de New York a déposé le 8 novembre sa candidature pour la primaire démocrate dans l’Etat de l’Alabama. Joe Biden, principal candidat démocrate à la campagne de novembre 2020, soutient cette candidature. Michael Bloomberg avait pourtant annoncé précédemment qu’il ne se présenterait pas pour ne pas nuire la campagne de Joe Biden. Malgré son avance électorale pour les primaires 2020 annoncée dans les sondages, force est de constater qu’Elizabeth Warren et Bernie Sanders l’ont récemment dépassé. 
  • La Turquie hausse le ton. La Turquie hausse le ton face aux pays occidentaux qui refusent de rapatrier leurs ressortissants membres de l’Etat Islamique le 6 novembre. Sont principalement visés le Royaume-Unis ainsi que les Pays-Bas qui ont déchu de leur nationalité leurs ressortissants djihadistes. Le président turc menace de les extrader si ces pays ne réagissent pas. 

Écrit par @hamnysarah

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