Débrief : Effondrement d’un pont, féminicides, Emmanuel Macron à Amiens, affaire ukrainienne…

Retour sur la semaine dernière marquée par les révoltes autour du globe, l’effondrement d’un pont en France, un plan d’urgence pour les hôpitaux publics en France et des rebondissements dans l’affaire ukrainienne aux Etats-Unis. 

Le débrief en France 

Effondrement d’un pont. Lundi 18 novembre, un pont s’est effondré à Mirepoix-sur-Tarn (Haute-Garonne) et a entraîné deux morts. Selon le procureur de Toulouse, l’effondrement de l’édifice métallique aurait été causé par un camion qui dépassait largement la limitation de poids fixée à 19 tonnes. Un rapport datant de 2017 n’indiquait aucune irrégularité du pont ni aucune faille pouvant questionner sa fiabilité. Dans la législation actuelle, aucun dispositif ne permet d’interdire l’accès d’un véhicule trop lourd à un pont. Seul des panneaux de limitations sont indiqués mais ils peuvent ne pas être respectés. 

Féminicides. 65 médecins ont appelé à agir contre les violences conjugales dans une tribune publiée dans l’Obs le 18 novembre. Les médecins, souvent exposés à des patientes blessées sous les coups de leurs conjoints, souhaitent soutenir les victimes et les accompagner pour qu’elles osent porter plainte. Actuellement, les médecins sont empêchés de venir en aide à ces femmes par le secret médical. Il serait ici donc question de l’assouplir. Le 23 novembre une manifestation organisée par le Collectif #NousToutes contre les violences conjugales, a lieu dans plusieurs villes de France. A Paris, le défilé a eu lieu entre Opéra et Nation et a rassemblé près de 50 000 personnes. Le 25 novembre, le gouvernement a dévoilé des mesures concrètes face à la multiplication des féminicides (137 depuis le début de l’année) comme par exemple l’autorité parentale retirée en cas de condamnation judiciaire afin de protéger les enfants ou l’assouplissement du secret médical. 

Violence d’un policier lors des manifestations des gilets jaunes. Pour la première fois, un policier est jugé le 21 novembre devant le Tribunal Correctionnel de Paris pour des violences commises envers des gilets jaunes. Il lui est reproché d’avoir lancé un pavé en direction des manifestants le 1er mai, Boulevard de l’hôpital à Paris. Le Parquet de Paris requiert 3 mois de prison avec sursis contre le policier. La décision sera rendue le 19 décembre. Un second policier sera jugé en décembre pour avoir giflé un manifestant. Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, 372 procédures ont été enregistrées en France après des plaintes contre les forces de l’ordre. Seulement 29 ont fait l’objet de l’ouverture d’une information judiciaire. 

Plan d’urgence des hôpitaux publics. Huit mois après le début d’un mouvement social à l’hôpital public, le gouvernement a annoncé le 20 novembre un plan d’urgence pour soutenir le personnel médical du public. Agnès Buzyn et Edouard Philippe ont annoncé une prime annuelle de 800 € au profit de 40 000 infirmiers vivant à Paris, la reprise de 10 milliards de la dette de l’hôpital public (soit 1/3 de celle-ci) et une hausse de 1,5 milliards d’euros de budget des hôpitaux. Ces annonces n’ont pas fait l’unanimité : les infirmiers dénoncent des mesures inégalitaires qui ne profitent qu’aux aides-soignants parisiens et une reprise de la dette partielle. Le Collectif Inter-Hôpitaux appelle à une grève le 30 novembre afin d’exprimer le mécontentement du personnel médical face à ces annonces. 

Emmanuel Macron à Amiens. Sur fond de crise sociale, le président de la République français Emmanuel Macron s’est déplacé le 21 novembre pour deux jours à Amiens. Il a notamment rencontré des étudiants de l’Université Picardie Jules Vernes en pleine mobilisation contre la précarité étudiante. À cette occasion, il a noté que la France était un « pays trop négatif ». Le lendemain, Emmanuel Macron a rencontré les anciens salariés de l’entreprise Whirpool, reprise par WN et qui a dû être placé en redressement judiciaire. Les salariés reprochent au président d’avoir soutenu en 2017 ce plan de reprise qui prévoyait que tous les salariés soient repris. 

Réforme des retraites. Au cours d’une conférence de presse à Nesle (Somme) le 22 novembre, Emmanuel Macron a fait preuve de fermeté face à la réforme des retraites alors que la mobilisation du 5 décembre rassemble de plus en plus de syndicats. Le président se dit déterminé à faire adopter la loi avant l’été 2020. 

Bilal Taghi condamné par la justice. Le 22 novembre, la justice a condamné le détenu Bilal Taghi à 28 ans de réclusion criminelle ainsi qu’une période de sûreté des deux tiers pour avoir tenté d’assassiner en 2016 deux surveillants de la prison d’Osny (Val-d’Oise). A cette époque, le détenu purgeait une peine de 5 ans dans une unité réservée à la déradicalisation, suite à un départ en Syrie. Cet événement est considéré comme le premier attentat djihadiste en prison. 

JO 2024. Airbnb a annoncé le 18 novembre qu’il sera un sponsor majeur du Comité international Olympique jusqu’en 2028. La maire de Paris, Anne Hidalgo (PS) a exprimé son inquiétude face à ce partenariat. La plateforme de location entre particulier est en effet pointée du doigt pour aggraver la pénurie de logement dans la capitale. Les hôteliers ont annoncé le 21 novembre la suspension de leur participation au JO 2024 puisqu’ils estiment qu’Airbnb exerce une concurrence déloyale face aux hôtels. 

Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (ARP). L’ARP a évoqué le 18 novembre la possibilité d’instaurer de nouveaux dispositifs conduisant à la suspension de réalisateurs en cas de mise en examen et d’exclusion en cas de condamnation. La décision sera prise en printemps prochain. Ces annonces interviennent suite aux témoignages d’Adèle Haenel et Valentine Monnier.

Estelle Mouzin. L’affaire de la jeune Estelle Mouzin, disparue en 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne), est relancée. Le 21 novembre, l’ex-femme de Michel Fourniret, Monique Olivier a été auditionnée par la juge d’instruction Sabine Khéris dans le cadre de cette affaire. Au cours de cette audition, Monique Olivier a infirmé l’alibi de Michel Fourniret en avouant que son ex-mari n’était pas chez eux en Belgique le soir de la disparition de la jeune fille. Le corps d’Estelle Mouzin n’a jamais été retrouvé depuis sa disparition. 

Le débrief international 

Affaire ukrainienne. Le 20 novembre, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne, Gordon Sondland, a été auditionné dans le cadre de la procédure en destitution visant Donald Trump. Cet acteur-clé de cette affaire avoue l’existence d’un conditionnement de l’aide militaire à l’ouverture d’une enquête contre Joe Biden. Il ajoute que « tout le monde était au courant » et implique donc le vice-président américain Mike Pence et le chef de la diplomatie américain Mike Pompeo. L’élu démocrate Adam Schiff, supervisant l’enquête en destitution de Donald Trump, a reconnu le 21 novembre que les faits reprochés au président américain sont « bien plus grave » que ceux commis par Richard Nixon.  La chambre des représentants pourrait voter d’ici Noël une mise en accusation du président. 

Bolivie. Le 19 novembre, de nouveaux heurts ont eu lieu à la Paz entre les manifestants pro Morales et l’armée bolivienne. 3 personnes sont mortes à l’issue de ces affrontements alors que l’armée tentait de dégager une raffinerie bloquée par les partisans d’Evo Morales. La présidente par intérim Jeanine Añez promet l’organisation d’élections transparentes le plus rapidement possible afin de calmer les tensions dans le pays. 

Iran. Depuis le 15 novembre, un mouvement social contestataire est né en Iran, en réaction à l’augmentation du prix d’essence annoncé sans préavis par le gouvernement. Très vite, les manifestations ont pris une tournure politique, remettant en cause la République Islamique d’Iran. Le gouvernement y a répondu avec fermeté lorsqu’il a pris la décision de couper internet à l’ensemble du pays. Hassan Rohani, président iranien, a dénoncé le 20 novembre un « complot fomenté par les forces réactionnaires de la région et les Américains ». Amnesty International annonçait cette semaine des centaines de morts lors d’affrontements. 

Colombie. La Colombie est toujours en situation instable, embourbée dans une crise politique et sociale. Depuis le début du mouvement, 32 colombiens ont perdu la vie au cours d’affrontements entre policiers et contestataires. Des manifestants ont défié le couvre-feu instauré à Bogota devant le domicile du président Ivan Duque en chantant l’hymne nationale et en tapant sur des casseroles le 21 novembre. Le 22 novembre, 3 policiers ont été tués dans le sud-ouest du pays à l’issue d’un attentat aux bonbonnes de gaz contre un commissariat. 

Débat Johnson/Corbyn. À l’occasion de la campagne pour les élections anticipées du 12 décembre, Boris Johnson (conservateur) et Jeremy Corbyn (travailliste) se sont affrontés au cours d’un débat d’une heure diffusé sur la chaîne ITV. Le débat a tourné principalement autour de la thématique du Brexit et Jeremy Corbyn a maintenu ses positions ambivalentes sur le sujet. Le candidat travailliste n’a en effet pas éclairé les anglais sur sa volonté de quitter ou de rester dans l’Union européenne. Jeremy Corbyn a confirmé sa volonté de renégocier un accord de divorce avec Bruxelles dans les trois mois puis organiser un nouveau référendum dans les six mois. L’ambivalence caractérielle du candidat reste donc de mise. Quand à Boris Johnson, il a défendu l’accord négocié avec l’Union européenne au mois d’octobre.

Israël. Après Benyamin Netanyahou (Likoud), Benny Gantz (Kahol Lavan) a annoncé le 20 novembre « ne pas être en mesure de former une coalition » pour gouverner. Depuis avril 2019, aucun de ces deux chefs de partis n’arrivent à trouver une majorité claire au Parlement pour diriger le pays. Cette révélation ouvre la possibilité d’un troisième scrutin législatif après ceux d’avril et septembre 2019. Benyamin Netanyahou se dit en faveur d’un gouvernement d’union aux côtés de Benny Gantz dans lequel il serait le premier à diriger. Benny Gantz, refuse quant à lui d’être sous l’autorité d’un premier ministre impliqué dans des affaires judiciaires. Le 21 novembre, Benyamin Netanyahu a été mis en examen pour « corruption », « fraude » et « abus de confiance » dans le cadre de trois affaires distinctes le visant. Il dénonce une tentative de coup d’Etat. 

Culture

Tableau de Picasso. Le tableau « Nature morte », peint en 1921 par Pablo Picasso, est vendu en France 100 € grâce à un système de loterie organisé pour financer un projet humanitaire en Afrique. 200 000 tickets d’une valeur de 100 € sont actuellement disponibles. Un tirage au sort désignera le gagnant en janvier 2020.

Marvel. La toute première bande dessinée Marvel vient de partir aux enchères pour près d’un million trois-cent milles dollars. L’exemplaire du numéro 1 de Marvel Comics datant de 1939 coûtait 10 cents à l’époque. 

Reine des neiges. Le 21 novembre, est sorti le second volet du dessin animé Disney. Le film a déjà attiré deux millions de téléspectateurs en France.

2 réflexions sur “Débrief : Effondrement d’un pont, féminicides, Emmanuel Macron à Amiens, affaire ukrainienne…

  1. Très bien, Article Facile à lire , J’ai bcp aimé ton article, il est super clair, Encore un sujet sensible abordé et encore tes écritures sont si importants et agréables à lire, je te félicite pour ta clarté, Merci pour cet article, c’est un thème très intéressant !!
Continue comme ça, Tu es si talentueuse !

    Aimé par 1 personne

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