Les Misérables, un film poignant

Le film Les Misérables a été nommé le 13 janvier aux Oscars dans la catégorie du « meilleur film étranger ». Quel est ce film dont on entend tant parler ? 

« Bouleversé par la justesse du film ». C’est ce qu’expliquait Emmanuel Macron au Journal du dimanche après avoir vu Les Misérables. Stéphane, originaire de Cherbourg vient juste d’intégrer la Brigade anti-criminalité (BAC) de Montfermeil, en Seine-Saint-Denis. Il fait la rencontre de ses nouveaux coéquipiers, Christophe et Gwada, qui ont déjà de l’expérience en tant que policiers dans les tours de Montfermeil. 

« Nous, ça fait 20 ans qu’on est gilet jaune, ça fait 20 ans qu’on subit les violences policières »

La violence

Dans ce film, on voit comment un personnage étranger à cet univers des cités, incarné par Stéphane, s’adapte à ce nouveau monde, où les règles et les codes à respecter sont différentes. Un monde où les policiers, pour se faire respecter, font preuve de fermeté et de violence constamment. La violence des jeunes de cité et des policiers se normalise et s’accentue graduellement. Si bien qu’une bavure policière est commise par Gwada sans trop savoir comment ni pourquoi. Sous pression, il blesse un enfant avec un Lanceur de balles de défense (LBD). Cette arme (LBD) fait récemment polémique en France avec le mouvement des gilets jaunes notamment. Depuis, les policiers sont largement pointés du doigt et leurs pratiques remises en cause. Cette scène est une manière pour le réalisateur de souligner que la violence policière est aussi (et surtout) vécue dans les cités. « Nous [les jeunes de cités], ça fait 20 ans qu’on est gilet jaune, ça fait 20 ans qu’on subit les violences policières, 20 ans qu’on se prend des coups de flashball dans la tête ! » reconnaît Ladj Ly en mai 2019 par Augustin Trapenard. 

Le rapport de force

Le film montre le rapport de force constant entre policiers et jeunes de cités. « C’est moi la loi ! » criait Christophe dans une scène d’affrontement, alors qu’il souhaitait se faire entendre. 

« Mon film, c’est avant tout un cri d’alarme qu’on adresse aux politiques et notamment au président de la République Emmanuel Macron.« 

L’objectivité

Les Misérables regarde sous un œil objectif l’opposition frontale (souvent violente) entre policiers et jeunes de cité. Un affront dans lequel personne n’est plus en faute que l’autre. La phrase de Victor Hugo inscrite en fin de projection illustre bien cette réalité : « Il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que des mauvais cultivateurs. ». Selon Ladj Ly, le mauvais cultivateur, c’est le gouvernement. Un gouvernement qui n’accorde que peu d’attention à ce qu’il se passe dans les cités. Il disait dans la même interview en mai 2019 : « Mon film, c’est avant tout un cri d’alarme qu’on adresse aux politiques et notamment au président de la République Emmanuel Macron. On aimerait vachement qu’il regarde ce film et qu’il se rende compte de la dure réalité des choses. La prochaine révolution partira des quartiers, donc il faut nous entendre, nous écouter et essayer de trouver des solutions à tous ces problèmes. »

Interview de Ladj Ly par Augustin Trapenard le 21 mai 2019.

Ladj Ly

Les Misérables a une dimension autobiographique lorsque l’on se penche sur la vie du réalisateur Ladj Ly. Il a lui-même vécu pendant toute son enfance à Montfermeil, là où se déroule le film. La bavure policière, filmée par un jeune garçon (Buzz) de la cité avec un drone dans le film est semblable à ce qu’a vécu Ladj Ly il y a quelques années. Le réalisateur avait en effet filmé en 2008 une vraie bavure policière qu’il a diffusé sur internet et qui a été largement reprise par la presse. 

Vous l’aurez donc compris, ce film est une immersion dans la réalité des cités où l’on voit des policiers parfois dépasser leurs droits et des jeunes commettre des délits sans forcément saisir leur gravité. Les Misérables est très souvent comparé au film La Haine, réalisé par Mathieu Kassovitz. Et pour cause. Une œuvre cinématographique aussi poignante et qui révèle au grand jour les difficultés de la vie en cité. Je vous laisse faire votre avis de ce film et vous invite à le regarder. On peut en discuter en commentaires, c’est fait pour ça ! 

Écrit par @hamnysarah.

2 réflexions sur “Les Misérables, un film poignant

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